Je reviens sur un sujet qu'on me pose en boucle depuis des mois. Et je vais prendre le temps de vraiment l'expliquer cette fois.
Beaucoup de frères et sœurs me contactent avec le même projet. Faire la hijra en Arabie Saoudite, à Médine notamment.
Et beaucoup n'ont pas de diplôme. Chauffeur, taxi, poids lourd, assistant administratif, agent de sécurité, peu importe le métier.
Je comprends le projet spirituel derrière. Mais il faut comprendre une réalité légale que beaucoup ignorent complètement.
Comment fonctionne le marché du travail en Arabie Saoudite.
L'Arabie Saoudite classe les travailleurs étrangers en 3 catégories.
Non qualifiés, qualifiés, hautement qualifiés.
Et ce classement détermine tout. Qui peut obtenir un visa de travail. Pour quel poste. Via quel employeur.
Les profils non qualifiés. Ce sont les postes d'exécution. Chauffeur, agent d'entretien, ouvrier, vendeur, livreur. Ces postes sont quasi exclusivement pourvus par une main d'œuvre asiatique. Pakistanais, Indiens, Bangladais, Philippins.
Des travailleurs recrutés en masse sur des contrats qui n'ont rien à voir avec ce qu'un Français ou un Européen pourrait accepter.
Le ministère du Travail saoudien ne sponsorisera pas un ressortissant français ou européen sur ces postes. Légalement ce n'est tout simplement pas prévu.
Les profils qualifiés. Là on commence à parler d'expérience sérieuse. Technicien spécialisé, comptable, commercial avec un vrai track record, infirmier diplômé, enseignant certifié.
Ces profils peuvent accéder au marché saoudien mais avec des exigences précises. Un diplôme reconnu. Des années d'expérience documentées. Ce n'est pas simple. Mais c'est possible.
Les profils hautement qualifiés. Ingénieurs, directeurs, médecins spécialistes, experts, managers senior avec expérience internationale.
C'est là que le marché saoudien cherche vraiment des étrangers. Vision 2030 génère des milliers de postes sur ces profils. Et les francophones ont une vraie carte à jouer ici.
Sur la double nationalité.
Beaucoup me disent "j'ai la nationalité marocaine ou algérienne en plus, ça m'ouvre des portes non ?" Non. Pas pour les postes non qualifiés.
Ce qu'on attend d'un ressortissant marocain en Arabie Saoudite c'est exactement le même niveau d'exigence que pour un Français. Diplôme d'ingénieur. Expérience solide en hôtellerie ou tourisme. Plusieurs langues. La double nationalité n'est pas un pass droit vers des postes sous-qualifiés. C'est une réalité du marché qu'il faut accepter.
Les exceptions existent. J'ai déjà vu des sœurs avec des années d'expérience en tant qu'assistante exécutive auprès de direction décrocher des opportunités en Arabie Saoudite. Mais c'est l'exception. Et même dans ces cas le niveau d'expérience requis est très élevé.
Pour ceux qui n'ont pas de diplôme et qui veulent s'installer en Arabie Saoudite.
La voie du salariat classique n'est pas faite pour vous sur ce marché. Ce n'est pas un jugement. C'est une réalité légale.
La voie qui existe c'est l'entrepreneuriat.
Ce n'est pas fait pour tout le monde. Ça demande une vraie capacité à observer un marché, à identifier ce que les gens veulent, à construire quelque chose de concret autour de ça.
Les besoins sont partout. Les idées de business faisables aussi. Mais entre avoir une idée et construire un business qui tourne il y a un chemin qui demande de la discipline et de la rigueur.
Ce que je conseille à ceux qui sont dans cette situation c'est de ne pas tout quitter du jour au lendemain. Gardez votre emploi en France. Commencez à construire quelque chose en parallèle. Un projet. Une activité. Quelque chose qui génère un premier revenu. Et quand ce projet tient debout tout seul, là vous avez une base réelle pour envisager une installation au Golfe.
Partir sans ressources sur un marché qui ne vous est pas accessible légalement en tant que salarié, c'est se mettre en difficulté inutilement.
Construire d'abord. Partir ensuite.
Qu'Allah vous facilite 🤲🏼